TANAKA K.


TANAKA K.
TANAKA K.

TANAKA KAKUEI (1918-1993)

Originaire de la région agricole de Niigata, Tanaka Kakuei débute comme maçon puis dirige une entreprise de maçonnerie; il ne vient à la politique et n’y consacre son entière activité qu’après la Seconde Guerre mondiale. Élu député en 1947, il est une première fois ministre en 1957, lorsqu’il entre dans le cabinet Kishi et reçoit le portefeuille des Postes et Télécommunications; il sera également ministre des Finances (1962-1965), puis du Commerce et de l’Industrie (1971-1972). Secrétaire général du Parti libéral-démocrate (1965-1966), il rompt avec le style politique imposé par les technocrates de l’après-guerre. Lorsqu’il succède à Sato Eisaku comme Premier ministre, en juillet 1972, il est le premier chef de gouvernement de l’après-guerre à ne pas être passé par l’Université. Prenant pour slogan le titre d’un livre de l’écrivain Kita Ikki, Reconstruisons le Japon , il déclare qu’il va débarrasser le pays des inconvénients dus à la croissance rapide de l’économie: pollution, afflux excessif de populations vers les villes, dévastation de régions agraires et, surtout, inflation. Il expose ses conceptions et développe son projet politique dans Nippon rett 拏 kaiz 拏 ron («Essai de remodelage de l’archipel japonais», paru en français sous le titre Le Pari japonais. Construire un nouveau Japon ).

Favorable à une normalisation des rapports avec la république populaire de Chine et sachant que celle-ci conditionne l’ouverture de l’immense marché chinois aux industriels japonais, Tanaka se rend en septembre 1972 en visite officielle à Pékin. Passant outre aux réactions de surprise, voire de mécontentement, que certaines capitales — Moscou, Washington et bien évidemment Séoul et Taibei (Taiwan) — laissent apparaître face au communiqué annonçant le rétablissement des relations diplomatiques sino-japonaises, Tanaka engage les industriels qui l’accompagnent à nouer des relations industrielles et commerciales étroites avec les entreprises chinoises et présente les excuses de son gouvernement pour les guerres passées; corrélativement, il impose à son pays l’abandon diplomatique de Taiwan et, reconnaissant dans un «communiqué commun» sino-japonais les prétentions de Pékin sur l’île, affirme qu’il «comprend pleinement et respecte cette position du gouvernement de la Chine». Prétextant une suggestion du Premier ministre Zhou Enlai, il engage, de retour à T 拏ky 拏, une politique de «réarmement limité» et double les crédits d’armement aux fins de développer les «forces d’autodéfense». Par une telle politique, Tanaka libère son pays d’un contentieux fort ancien, mais au Japon les réactions suscitées par sa visite à Pékin sont négatives et entraînent pour son parti la perte de dix-sept sièges aux élections à la Chambre basse de 1972.

Après avoir connu une situation économique exceptionnellement bonne au début de 1973, le Japon se voyait quelques mois plus tard entraîné dans une inflation dont le taux atteignait 45 p. 100 par rapport à l’année précédente et accusait une hausse de 15 p. 100 des prix à la consommation. La popularité de Tanaka chutait (22 p. 100 des Japonais seulement lui accordant leur confiance, selon un sondage effectué en pleine crise inflationniste); le Premier ministre gelait les prix et, malgré l’avis de nombreux conseillers, poursuivait la révolution des structures industrielles et sociales qu’il avait engagée. La crise de l’approvisionnement pétrolier le conduisit à décréter, fin décembre 1973, un état d’urgence économique et à accélérer une politique de concertation avec les États-Unis, l’U.R.S.S. et les pays arabes du Moyen-Orient.

Tanaka, compromis dans le scandale Lockheed, remet sa démission de chef du gouvernement en 1974. Son cabinet doit endosser la responsabilité de la panique des prix qui se déchaîna après la première crise du pétrole. Contre Tanaka se coalisèrent des forces issues du patronat, choqué qu’il ait sacrifié la renaissance de l’industrie aéronautique japonaise pour complaire au président Nixon, et de l’administration, déconcertée par la reconnaissance de la Chine populaire par le Japon. Tanaka est condamné en octobre 1983 pour infraction aux lois financières. On peut attribuer à la «faction» Tanaka — groupe de parlementaires qui continua à porter son nom (même après son retrait)— , le pouvoir de faire et de défaire les coalitions gouvernementales dans le Parti libéral-démocrate, qui disposa de la majorité absolue au Parlement jusqu’en 1993.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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